Les fleurs volent partout en ville printanière,
Au vent de l’est s’inclinent les saules pleureurs.
Quand le feu est interdit aux maisons populaires,
On voit la fumée des bougies chez les seigneurs.
Poème chinois
「寒食」
韩翃
春城无处不飞花, 寒食东风御柳斜。
日暮汉宫传蜡烛,轻烟散入五侯家。
Explication du poème
Ce poème a été écrit pendant la période Dali de l'empereur Daizong des Tang (766-779), une époque marquée par la division des provinces en fiefs militaires, la domination des eunuques et l'aggravation des contradictions sociales. Han Hong, prenant comme thème la fête de Hanshi (la fête du froid), utilise le paysage printanier pour critiquer subtilement les privilèges dont jouissaient les favoris de la cour, révélant ainsi l'injustice sociale.
Premier distique: "春城无处不飞花,寒食东风御柳斜。"
Chūn chéng wú chù bù fēi huā, hán shí dōng fēng yù liǔ xié.
Au printemps, dans la ville de Chang'an, les fleurs volent partout, le vent d'est de la fête de Hanshi fait doucement pencher les saules du palais.
Ce distique commence par une scène printanière éclatante, montrant la prospérité de Chang'an à la fin du printemps. Les fleurs volent dans toute la ville, les saules se balancent dans le vent, créant une atmosphère poétique pour la fête de Hanshi et formant un contraste avec la description des privilèges de la cour qui suit.
Deuxième distique: "日暮汉宫传蜡烛,轻烟散入五侯家。"
Rì mù hàn gōng chuán là zhú, qīng yān sàn rù wǔ hóu jiā.
Au crépuscule, le palais allume des bougies et les offre aux nobles, de légères volutes de fumée se dispersent dans les demeures des cinq marquis.
Ces deux vers décrivent la scène où l'empereur offre des bougies à ses favoris. La fête de Hanshi est censée interdire le feu, mais la cour et les nobles jouissent d'une "faveur" spéciale, un détail qui révèle l'injustice sociale avec une ironie subtile.
Analyse globale
Le poème utilise une technique qui passe du paysage aux émotions, critiquant à travers les scènes. La première partie décrit le paysage printanier de la fête de Hanshi, avec des saules qui dansent et des fleurs qui tombent, une beauté éclatante mais teintée de solitude. La seconde partie montre la scène où la cour offre des bougies et où la fumée se répand dans les demeures des nobles, révélant le mépris des privilégiés pour les interdictions. Le poète utilise "crépuscule" et "fumée légère" pour suggérer l'obscurité et le vide de la corruption politique, avec une ironie subtile mais profonde.
Caractéristiques de l'écriture
- Contraste frappant, ironie puissante : Le poème oppose la scène éthérée de "春城无处不飞花" (les fleurs volent partout dans la ville au printemps) à la réalité des "五侯家" (les demeures des cinq marquis) qui jouissent seules des faveurs, créant un contraste frappant et une ironie mordante.
- Utilisation naturelle des références, signification profonde : "日暮汉宫" (le crépuscule du palais Han) utilise habilement une référence à la dynastie Han pour désigner le palais des Tang, critiquant le présent à travers le passé avec une technique habile.
- Détails vivants, forte visualisation : Le mot "传" (transmettre) décrit l'atmosphère tendue de la transmission des bougies dans le palais, tandis que "散" (disperser) montre visuellement la fumée des bougies se répandant dans les demeures des nobles, créant une forte image visuelle.
Réflexion
Ce poème, prenant comme toile de fond le paysage printanier de la fête de Hanshi, semble décrire une scène printanière éclatante avec des fleurs qui tombent, mais en réalité, à travers l'exception à l'interdiction du feu, il révèle l'injustice sociale et la luxure des privilégiés. Le poète exprime avec une écriture subtile et indirecte sa critique de la politique corrompue et sa compassion pour le peuple, nous rappelant de nous méfier de la luxure et de l'injustice des classes privilégiées, montrant une profonde préoccupation sociale.
Traducteur de poésie
Xu Yuan-chong(许渊冲)
À propos du poète
Han Hong (韩翃), né et mort en une année inconnue, était originaire de Nanyang, dans la province du Henan. Il a reçu le titre d'érudit en 754 de notre ère. Il était l'un des « dix talents de la dynastie Dali », dont les poèmes étaient écrits dans un style léger, avec des paysages chics, et dont la plupart des sujets étaient des chants d'adieu et des harmonies.