Au saule de He Zhizhang

yong liu
    Parée de jade vert, un arbre se dresse, haut.
Dix mille rameaux retombent, cordons de soie verte.
Qui a donc taillé ces feuilles si fines ?
Les ciseaux de la brise de février.

Poème chinois

「咏柳」
碧玉妆成一树高,万条垂下绿丝绦。
不知细叶谁裁出,二月春风似剪刀。

贺知章

Explication du poème

Ce poème fut composé par Hè Zhīzhāng après son retour dans son pays natal sur ses vieux jours. Jeune, Hè Zhīzhāng était déjà renommé pour ses poèmes et écrits. Il obtint le titre de jinshi en 695 (1ère année de l'ère Zhèngshèng sous l'impératrice Wǔ Zétiān) et servit par la suite longtemps à la capitale, occupant successivement les postes d'érudit du Grand Intendant des Sacrifices, de Vice-Ministre des Rites, de Directeur de la Bibliothèque Impériale, etc., jouissant d'une grande confiance de l'empereur Xuánzōng. En 744 (3e année de l'ère Tiānbǎo), Hè Zhīzhāng, alors âgé de quatre-vingt-six ans, présenta un mémoire demandant à devenir moine taoïste et à retourner dans son pays natal. L'empereur Xuánzōng lui offrit en personne une partie du lac Jian, et conduisit le prince héritier ainsi que tous les fonctionnaires pour lui faire leurs adieux, un honneur suprême. Retiré du monde, le poète, loin des troubles de la cour, voyait son état d'esprit devenir de plus en plus serein et paisible, et son observation des phénomènes naturels de plus en plus fine et aiguë.

Au deuxième mois du début du printemps, alors que les êtres bourgeonnaient, le poète, dans la campagne, vit les tendres saules commencer à s'épanouir, leurs branches souples retombant avec grâce, et ne put s'empêcher d'être ému par cette vitalité débordante. Le saule est une image courante dans la poésie classique, souvent associé à la séparation et à la nostalgie du pays, cependant, ce poème de Hè Zhīzhāng ouvre une voie nouvelle, sans aucune trace de mélancolie, ne laissant qu'une admiration pure pour la beauté de la nature. Il compare le saule à une belle parée de jade vert, et la brise printanière à un tailleur habile, avec une imagination nouvelle et ingénieuse, écrivant la fraîcheur et la vivacité du saule du début du printemps. Ce poème est précisément le fruit de la fusion parfaite de l'état d'esprit serein du poète dans ses vieux jours et de son talent artistique ; mille ans plus tard, sa lecture donne encore l'impression d'une brise printanière caressant le visage, de saules verts comme de la fumée.

Premier distique : « 碧玉妆成一树高,万条垂下绿丝绦。»
Bì yù zhuāng chéng yī shù gāo, wàn tiáo chuí xià lǜ sī tāo.
Un arbre haut, comme paré de jade vert,
Mille rameaux retombent, rubans de soie verts.

Le début utilise deux métaphores ingénieuses pour décrire exhaustivement la forme et l'esprit du saule. « 碧玉妆成一树高 » – comparer le feuillage du saule à du « jade vert » (碧玉) exprime à la fois sa couleur d'un vert éclatant et lui confère une texture douce et translucide. Plus merveilleusement, « 碧玉 » dans la poésie ancienne évoque souvent une jeune fille (comme dans « 碧玉小家女 »), cette métaphore personnifie instantanément le saule, le transformant en une jeune fille verte et élancée, se tenant droite dans la brise printanière. Les mots « 妆成 » (paré, maquillé) ajoutent encore à l'intérêt de la personnification, comme si ce saule avait été soigneusement apprêté. Le vers suivant « 万条垂下绿丝绦 » compare les branches de saule à des « rubans de soie » (丝绦), exprimant à la fois la texture légère et flottante des branches, et évoquant en filigrane les rubans flottants de la robe d'une jeune fille, s'harmonisant parfaitement avec l'image de la jeune fille en « jade vert » du vers précédent. Les quatre mots « 万条垂下 » (mille rameaux retombent) décrivent encore plus vivement l'aspect touffu des branches de saule et leur balancement dans le vent.

Second distique : « 不知细叶谁裁出,二月春风似剪刀。»
Bù zhī xì yè shuí cái chū, èr yuè chūn fēng sì jiǎn dāo.
Qui a donc coupé ces feuilles si fines ?
La brise de février, semblable à des ciseaux.

Ce distique est le point d'orgue du poème, passant du concret à l'abstrait, du statique au dynamique, portant la poésie à son apogée. « 不知细叶谁裁出 » – le poète s'interroge sur un ton d'émerveillement, comme stupéfait par la délicatesse des feuilles de saule, ne pouvant s'empêcher d'en chercher l'origine. Cette question souligne à la fois la finesse et l'ingéniosité des feuilles de saule, et prépare le terrain pour l'idée merveilleuse du vers suivant. Le vers suivant « 二月春风似剪刀 » répond par un trait de génie, transformant la brise printanière invisible en ciseaux tangibles, la force naturelle en travail de tailleur habile. La brise printanière est par nature invisible et intangible, mais le poète la compare à des « ciseaux », la rendant soudain concrète et personnifiée – ces feuilles si fines couvrant l'arbre tout entier sont l'œuvre d'une taille soignée par cette brise printanière, tailleur habile. Cette métaphore, à la fois nouvelle et appropriée, pleine de charme et d'esprit, rend palpable et vivante l'action fécondante de la brise printanière sur les êtres.

Lecture globale

Ceci est un chef-d'œuvre de la poème de Hè Zhīzhāng décrivant des objets, et l'un des poèmes les plus célèbres de la littérature chinoise évoquant le saule. L'ensemble du poème, en quatre vers et vingt-huit caractères, avec des métaphores nouvelles et une imagination vivante, décrit de manière exhaustive la beauté de la forme et de l'esprit du saule au début du printemps.

Structurellement, le poème présente une progression allant de la forme à l'esprit, du concret à l'abstrait. Les deux premiers vers, avec les métaphores du « jade vert » et des « rubans de soie », dépeignent visuellement la beauté extérieure du saule – couleur de jade vert, forme de ruban de soie, élancé et gracieux. Les deux derniers vers, partant de la délicatesse des « feuilles fines », utilisent la question « qui a coupé » pour introduire l'idée merveilleuse de la « brise semblable à des ciseaux », passant de l'éloge d'une forme statique à la célébration d'une force dynamique. Entre les quatre vers, on passe de la forme à l'esprit, de l'objet à la force, progressant en profondeur par couches, formant un tout harmonieux.

Du point de vue de l'intention, le cœur de ce poème réside dans la célébration du pouvoir créateur de la nature. La beauté du saule est certes un régal pour les yeux et l'esprit ; mais ce qui est plus étonnant encore, c'est la force naturelle qui crée cette beauté du saule. Le poète, comparant la brise à des « ciseaux », transforme cette force invisible en une main habile tangible, permettant au lecteur de presque voir ce tailleur de génie qu'est la brise printanière, tenant des ciseaux, taillant soigneusement ces feuilles si fines sur chaque arbre. Cette imagination personnifiant le pouvoir créateur de la nature est à la fois un éloge du saule, et plus encore un hommage profond au printemps, à la vie, à l'œuvre de la création.

Du point de vue de la technique artistique, ce qui touche le plus dans ce poème est la nouveauté et la justesse des métaphores. « Jade vert » pour les feuilles de saule, décrivant à la fois la couleur et la texture ; « rubans de soie » pour les branches de saule, décrivant à la fois la forme et l'attitude ; « brise printanière semblable à des ciseaux » est encore un trait de génie, transformant le vent invisible en ciseaux tangibles, la force naturelle en œuvre de main habile. Trois métaphores, progressant par couches, décrivant entièrement la forme, l'esprit et l'âme du saule, laissant le lecteur émerveillé.

Spécificités stylistiques

  • Métaphores ingénieuses, imagerie nouvelle : Les trois métaphores « jade vert », « rubans de soie verts », « ciseaux » sont nouvelles et appropriées, rendant palpables la forme et l'esprit du saule ainsi que la force de la brise printanière. Dans les métaphores se voit l'ingéniosité, dans la nouveauté se révèle le talent.
  • Personnification vivante, plein de charme : Des mots comme « 妆成 » (paré) et « 裁出 » (coupé) prêtent aux saules et à la brise printanière des actions humaines, insufflant à l'ensemble du poème un intérêt vif. Dans la personnification se voit la vivacité, dans le charme se cache un sens profond.
  • Allant de la forme à l'esprit, progressant par couches : Les deux premiers vers décrivent la beauté extérieure du saule, les deux derniers explorent la source de la force créatrice, allant de la surface au fond, de l'objet au principe. Dans la progression se voit la profondeur, dans les couches se révèle l'ingéniosité.
  • Langage frais, ambiance lumineuse : Le poème entier ne comporte pas de termes obscurs, il est frais et naturel comme une brise printanière caressant le visage, sa lecture réjouit le cœur et l'esprit. Dans la fraîcheur se voit la pureté, dans la clarté se voit la maîtrise.
  • Conception ingénieuse, résonance durable : La question introduite par « 不知 » (ne sait pas) amène la réponse, entraînant le lecteur dans l'émerveillement et l'admiration du poète, et la métaphore extraordinaire de la fin « 似剪刀 » (semblable à des ciseaux) laisse une impression durable. Dans l'ingéniosité se voit la sagesse, dans la résonance se voit la profondeur.

Éclairages

Este poema, a través de un tierno sauce a principios de la primavera, expresa una percepción aguda y un homenaje profundo a la belleza de la naturaleza, ofreciendo enseñanzas profundas a las generaciones futuras. Nos enseña cómo descubrir y apreciar esas bellezas sutiles y ordinarias de la vida. El sauce es un elemento paisajístico muy común, visto a menudo a la orilla de caminos y estanques. Sin embargo, a los ojos del poeta, es una bella mujer “碧玉妆成” (adornada de jade verde), son “万条垂下” (miles de ramas colgantes) de cintas de seda. Esta capacidad de transformar lo ordinario en algo extraordinario nace del amor y la sensibilidad del poeta hacia el mundo. Nos enseña: la poesía no está lejos, está en cada brizna de hierba, en cada árbol que nos rodea. Mientras miremos y sintamos con el corazón, incluso el paisaje más común puede brillar con un resplandor extraordinario.

La imaginativa idea de “二月春风似剪刀” (la brisa de febrero es como unas tijeras) en el poema nos muestra el poder de la imaginación. **La brisa primaveral es en sí una existencia invisible, pero el poeta la compara con *“剪刀”* (tijeras), haciéndola tangible y palpable. Esta capacidad de transformar lo abstracto en concreto, lo invisible en visible, es precisamente el misterio de la creación artística.** Nos dice: frente a la naturaleza, no solo debemos ver lo que ella nos presenta, sino atrevernos a imaginar la fuerza que hay detrás; no solo debemos admirar el resultado de la belleza, sino también reflexionar sobre su origen.

En un nivel más profundo, este poema también nos muestra esa relación a la vez íntima y reverente entre el ser humano y la naturaleza. El poeta usa “裁” (cortar) y “剪” (recortar) para describir la brisa primaveral, comparando el poder de la naturaleza con el de un hábil artesano. En esto hay tanto admiración por el poder creativo de la naturaleza, como cercanía y afecto por su belleza. Nos enseña: frente a la naturaleza, debemos tener tanto un corazón de reverencia como un ojo de apreciación; debemos sentir su grandeza, pero también experimentar su cercanía. Esta actitud de coexistencia armoniosa entre el ser humano y la naturaleza es especialmente valiosa en nuestra época, que enfatiza la conquista y la transformación.

À propos du poète

He Zhizhang (贺知章 vers 659 – vers 744), originaire du district de Xiaoshan, à Hangzhou, dans la province du Zhejiang, fut un célèbre poète et calligraphe de la dynastie Tang. Il obtint le titre de jinshi (docteur) la première année de l'ère Zhengsheng (695 ap. J.-C.) et accéda au poste de Superviseur impérial, ce qui lui valut le surnom de "Superviseur He". Au début de l'ère Tianbao, il demanda à l'empereur l'autorisation de devenir prêtre taoïste et se retira au bord du lac Jinghu. Reconnu dès sa jeunesse pour son talent littéraire, il fut compté parmi les "Quatre Lettrés du Wuzhong", aux côtés de Zhang Ruoxu, Zhang Xu et Bao Rong. Sa poésie, fraîche et simple, est riche en émotions. Excellent calligraphe dans les styles cursif et officiel, il formait avec Zhang Xu le célèbre duo "He-Zhang". D'un caractère ouvert et désinvolte, He Zhizhang était également un amateur passionné de vin. Son style poétique et sa personnalité reflètent ensemble le romantisme et la désinvolture caractéristiques des lettrés de l'apogée des Tang.

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