Soir serein de Li Shangyin

wan qing
                Vivant retiré, je contemple la ville basse ;
Le printemps est passé, l’été garde encore sa fraîcheur.
Le Ciel a pitié de l’herbe solitaire ;
Et nous autres, hommes, nous chérissons ces belles fins de jour.

Du haut du pavillon, la vue s’étend plus loin ;
Par la petite fenêtre, une douce clarté pénètre.
L’oiseau du Sud, une fois son nid séché,
Revient, plus léger, de son vol.

Poème chinois

「晚晴」
深居俯夹城,春去夏犹清。
天意怜幽草,人间重晚晴。
并添高阁迥,微注小窗明。
越鸟巢干后,归飞体更轻。

李商隐

Explication du poème

Ce poème fut composé durant le mandat du poète dans l'administration du gouverneur Zheng Ya à Guilin. La régiCette œuvre fut composée durant une période de la vie de Li Shangyin relativement paisible et précieuse — entre 847 et 848, les première et deuxième années de l'ère Dazhong, lorsque le poète, invité par Zheng Ya, commissaire-inspecteur de Guiguan, se rendit au secrétariat de Guilin. Ce voyage vers le sud avait une double signification pour Li Shangyin : d'une part, il s'agissait d'une affectation politique après avoir été évincé des remous de la « lutte entre les factions Niu et Li », l'éloignant du centre du pouvoir à Chang'an ; d'autre part, cela devint une opportunité pour lui d'échapper temporairement aux conflits de la cour et de trouver une respiration spirituelle et une renaissance de l'âme au sein des paysages du sud.

Le climat humide et les paysages uniques du Lingnan, si différents des plaines centrales, en particulier le spectacle du « ciel s'éclaircissant au crépuscule » après une averse, touchèrent profondément l'âme sensible du poète. À cette époque, Li Shangyin, ayant atteint la quarantaine, avait connu les vicissitudes de sa carrière, les bouleversements familiaux et l'errance de la vie ; son désir de « lumière » et de « chaleur » était particulièrement aigu. La perception exprimée dans le vers « Le Ciel prend pitié de l'herbe cachée » est à la fois une description d'un spectacle naturel et le reflet intime d'un homme qui, après des années dans l'« obscurité » politique, aspire toujours à la lumière de la vie. À ce moment, loin du tumulte, à Guilin, le poète avait enfin trouvé un « pavillon élevé » où son âme pouvait se reposer, lui permettant d'observer la nature et lui-même avec une perspective plus claire et plus détendue, donnant naissance à cette œuvre épurée, limpide et chaleureuse sur l'existence.

Premier distique : « 深居俯夹城,春去夏犹清。 »
Shēn jū fǔ jiā chéng, chūn qù xià yóu qīng.
Retiré dans ma demeure, je contemple la ville en tenaille ;
Le printemps est passé, mais l'été naissant garde sa fraîcheur.

Le poème s'ouvre en situant le point de vue et la saison. « Retiré dans ma demeure » suggère l'éloignement relatif du poète par rapport au centre politique ; le mot « contemple » confère à la vision hauteur et ouverture. « Le printemps est passé, mais l'été naissant garde sa fraîcheur », dans le flux des saisons, capture une sérénité claire, établissant pour tout le poème un ton de limpidité et de clarté.

Second distique : « 天意怜幽草,人间重晚晴。 »
Tiān yì lián yōu cǎo, rénjiān zhòng wǎn qíng.
Le Ciel prend pitié de l'herbe cachée ;
Les hommes, eux, chérissent le ciel qui s'éclaircit au soir.

Ce distique est l'âme du poème, passant du paysage à la réflexion, porteur d'une signification profonde. « L'herbe cachée » est à la fois la description réelle de l'herbe revivifiée après la pluie, et une métaphore de soi-même, voire de toute vie qui, bien que dans l'ombre, aspire à la lumière. Les mots « prend pitié » et « chérissent » teintent le phénomène naturel d'un jugement émotionnel et de valeur, exprimant une empathie envers la vie minuscule et un chérissement conscient de la beauté éphémère.

Troisième distique : « 并添高阁迥,微注小窗明。 »
Bìng tiān gāo gé jiǒng, wēi zhù xiǎo chuāng míng.
Du pavillon haut, la vue s'étend plus loin encore ;
Une lueur faible se glisse, éclairant la petite fenêtre.

Le pinceau est délicat, la lumière et l'ombre sont vivantes. « S'étend plus loin encore » et « se glisse » forment un contraste ingénieux : le premier décrit l'ouverture du regard au loin, le second la clarté de l'observation de près. La lumière n'est pas seulement naturelle, elle est aussi la métaphore de l'esprit du poète qui s'éclaire progressivement. La petite fenêtre recevant une faible lumière est comme l'homme dans l'embarras qui reçoit soudain une illumination spirituelle, faible peut-être, mais suffisante pour éclairer un coin.

Dernier distique : « 越鸟巢干后,归飞体更轻。 »
Yuè niǎo cháo gān hòu, guī fēi tǐ gèng qīng.
Le nid des oiseaux du Sud, séché, et les corps plus légers au retour.

Utilisant l'oiseau comme métaphore de l'homme, le poème se conclut. « Nid séché » fait écho au « ciel qui s'éclaircit au soir », c'est un confort réel ; « corps plus légers » transmet quant à lui la légèreté et la libération psychologiques. Le poète semble voir, dans l'attitude de l'oiseau, son propre état, temporairement éloigné des conflits, l'esprit détendu. L'oiseau qui retourne est aussi le symbole d'un esprit ayant trouvé son refuge.

Lecture globale

Ce poème, avec « le ciel qui s'éclaircit au soir » comme œil du poème, construit un monde poétique où lumière et ombre se mêlent, intérieur et extérieur sont limpides. Le poète passe de la contemplation de toute la ville à la compassion pour l'herbe cachée, puis à la sensation de regarder au loin depuis le pavillon élevé et de recevoir la lumière à la petite fenêtre, pour finalement aboutir à l'oiseau volant léger. La perspective va du vaste au subtil, l'émotion de l'observation tranquille à la joie progressive, montrant son talent artistique à saisir la réflexion philosophique sur la vie dans des scènes ordinaires.

Le poème est dépourvu de la lourdeur et de l'obscurité souvent présentes à la fin des Tang, remplacées par une contemplation limpide et une acceptation chaleureuse. C'est à la fois le ciel s'éclaircissant au soir, et l'esprit du poète s'éclaircissant au soir — après une longue période de pression et d'errance, trouvant temporairement un apaisement corporel et spirituel dans un coin du Sud, développant ainsi une perception et un chérissement particulièrement aigus de la lumière naturelle et de la beauté du monde humain.

Spécificités stylistiques

  • Images fraîches, signification profonde : Des images comme « herbe cachée », « ciel qui s'éclaircit au soir », « faible lumière à la petite fenêtre », « nid séché, oiseau léger », sont à la fois quotidiennes et fraîches, mais portent la compréhension profonde du poète des vicissitudes de la vie, formant une unité fusionnée de la nature et de la personne.
  • Agencement en couches de l'espace et de la lumière : De la vue lointaine de « contempler la ville en tenaille », à l'observation rapprochée de « l'herbe cachée », puis à la vue étendue depuis le « pavillon haut » et la sensation de lumière intérieure de la « petite fenêtre éclairée », il construit un espace poétique tridimensionnel et fluide.
  • Langage concis et plein de tension : L'emploi de verbes comme « prendre pitié », « chérir », « s'étendre », « se glisser » est précis, rendant le paysage émotionnel ; des mots comme « garde sa fraîcheur », « plus léger » transmettent, par comparaison, un sentiment de plaisir progressif, le ton est doux et la résonance longue.

Éclairages

Cette œuvre est un rayon de soleil saisi par Li Shangyin durant une période pluvieuse de sa vie, mais aussi une attitude face à l'existence qui maintient la sensibilité de l'âme face à l'adversité, et découvre la beauté et la réflexion philosophique dans l'ordinaire. Elle nous rappelle que les moments de « ciel qui s'éclaircit au soir » dans la vie — ces instants de sérénité après l'échec, de faible lumière dans l'embarras, de vitalité dans la banalité — méritent souvent d'être d'autant plus chéris qu'ils sont brefs.

À travers « Le Ciel prend pitié de l'herbe cachée », le poète exprime une vision profonde de l'égalité : même la vie la plus minuscule a le droit d'être éclairée par la lumière et de s'épanouir. Et « Les hommes chérissent le ciel qui s'éclaircit au soir » est un choix de valeur actif : tout en reconnaissant que la vie est inévitablement faite de vents et de pluies, on continue à traiter avec sérieux chaque instant de ciel clair, nourrissant ainsi son âme et obtenant la force d'un « corps plus léger » pour continuer à voler. Ce n'est pas seulement un réconfort personnel du poète, mais aussi une sagesse de vie qui transcende les époques.

À propos du poète

li shang yin

Li Shangyin (李商隐), oriundo de la ciudad de Jiaozuo, provincia de Henan, 813 - 858 d. C., fue un joven en circunstancias extremadamente difíciles. En literatura, Li Shangyin fue un gran poeta de la Dinastía Tang Tardía, cuyos poemas estaban a la altura de los de Du Mu. Sus poemas estaban escritos en forma de canciones y poemas, atacando los males de la época, recitando historia y enviando despedidas a los amigos.

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